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Entretien avec Mahatma



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Entretien de mai 2008


Pourrais-tu te présenter un peu ?

Bonjour à toutes et à tous. Je me surnomme Mahatma, la grande âme en sanskrit. Mon vrai prénom est Serge. Je suis prof de maths dans une cité sensible. J’ai de grands yeux bleus, des cheveux longs et la barbe. J’aime la musique (essentiellement le blues, le rock’n’roll, la folk song et le hard rock mais aussi la musique classique entre autres), la randonnée pédestre, la photographie, le dessin, les sciences, l’archéologie, la Provence, l’Inde, la Chine, le Vietnam, la Thaïlande et le Japon, la cuisine en particulier indienne et chinoise, la Nature et particulièrement le bonsaï !


- Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?

J’me suis cassé la gueule et j’suis tombé sur un bonsaï, le pauvre !

Non, plus sérieusement, j’ai toujours été passionné par la culture asiatique et j’ai toujours aimé les végétaux donc, tôt ou tard, je serais arrivé dans le bonsaï. J’ai été fasciné par les dessins présents sur le Mémo Larousse 1990, qui décrivait tous les principaux styles, notamment par le dessin de deux pins en ishitsuki sur un suiban rempli d’eau. Je pouvais passer des heures à regarder cette simple planche de dessins. Ça m’a donné envie d’en voir en vrai.

- Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? c’était quand ? c’était quoi ? tu l’as encore ?

C’était un serissa foetida offert par des amis par mon anniversaire en novembre 2003. Je ne l’ai plus car j’ai « réussi » à le cramer avec de l’engrais liquide mal dosé et trop fréquent au printemps suivant. C’est bête ! D’autant plus que j’avais réussi à lui faire passer un super hiver à l’extérieur et au soleil et qu’il était en pleine forme… snif.

- Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?

Fort heureusement, je les ai trouvés sur « le Cahier de l’apprenti » de Joseph Somm, qui faisait aussi partie du cadeau d’anniversaire. Tout juste débutant, je me suis aussi senti obligé d’acheter un autre livre, de poche, sur les conseils pour l’entretien et la formation des bonsaï. Je préfère taire le nom et l’auteur de ce dernier... je ne vous raconte même pas le genre de conseils aberrants donnés, heureusement qu’il y a quelques belles photos sinon il aurait fini au recyclage !! Puis ensuite, j’ai trouvé les bons conseils sur Internet et tout particulièrement sur Parlons Bonsaï.

- Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?

Mon essence préférée ? Le super sans plomb 98, ça pollue moins que le super ordinaire et le gazole...

Mon espèce d’arbre préférée est bien entendu l’olivier, arbre majestueux symbole de la Provence.

- Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?

Qui m’inspire, c’est beaucoup dire ! Avec mon niveau de quasi-débutant, je n’ai pas encore de source d’inspiration à proprement parler. J’admire le travail de John Naka, de Masahiko Kimura, d’Angel Motta, de Walter Pall, de Thierry Font,... mais de là à parler d’inspiration alors qu’ils ont tous un style très différent ! J’ai eu l’occasion récemment de rencontrer Laurent Darrieux (Law sur le forum) et, forcément, son style « Burton » va m’inspirer pour un bon bout de temps !!!

- Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?

Elle s’est bien agrandie mais il est temps que ça cesse : je n’ai plus de place !!!

- Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ? Des photos sur plusieurs années de certains d’entre eux ?

- Voici mon olivier surnommé « le solo de violon de Pascal37 » :

À l’achat en plant de pépinière en décembre 2004 :

Le voici en septembre 2005 (diamètre du tronc : un pouce) :

Et tout récemment, en avril 2008, deux mois après son rempotage (diamètre du tronc : deux pouces et demi). J’ai complètement changé la face par rapport au départ :

- Un pré-bonsaï de genévrier Old Gold travaillé en fukinagashi à Biot :

- Un pré-bonsaï balai de bougainvillier en fleurs l’année dernière :

- Un ficus retusa made in supermarket :

Le voici en juin 2006, 9 mois après son achat :

Le même en mai 2008 après quelques années de création de racines aériennes et une « burtonisation » des branches :

- Q : ça t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?

À part les femmes, la gloire et le fric ? Ca m’apporte une bonne corvée d’arrosage, surtout les jours de mistral !

Ça m’apporte une certaine détente, un esprit zen en quelque sorte. Ça m’apporte un coin de nature au beau milieu de ma vie plus ou moins citadine.

Ça m’a permis de découvrir ce forum et de me faire de nouveaux copains, ayant la même passion.

- Q : Que préfères-tu et que détestes tu dans le bonsaï ?

Ce que je préfère dans le bonsaï ? Eh bien, le nebari, le tronc, les branches, les feuilles ou aiguilles et même le pot ! … Ah bon, ce n’est pas ce genre de réponses que vous attendiez ?

J’aime l’idée de création et le fait que cet art se fasse sur du vivant, avec toutes les responsabilités que cela entraîne.

Ce que je déteste ? Comme dans tous les milieux de passionnés, le fait qu’il y ait des courants « antagonistes » où certains sont persuadés de détenir « la » vérité sur le bonsaï, en dénigrant les autres courants. Je pense que quand on a l’esprit ouvert, on peut apprécier toutes sortes de styles de bonsaï, et respecter le travail de chacun même si l’on n’aime pas.

- Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?

Je m’intéresse beaucoup au penjing. Voici d’ailleurs une photo de ma création « île rocheuse » :

Je m’intéresse aussi aux jardins japonais ou japonisants, mais je crois que vous le savez déjà… et juste au cas où, il suffit de lire cet article sur la réalisation de mon tsuboniwa.

Parmi les arts associés que je ne pratique pas, j’ai découvert le suiseki lors d’un exposé de Marco Favero lors d’un atelier à Biot organisé par Cramassouri. C’est absolument passionnant.

- Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?

Un lettré de pin d’Alep mais j’en ai pour plusieurs années de culture en caisse, une bonne dizaine !

Je prépare aussi des boutures d’amandier car j’aimerais beaucoup créer un bonsaï de cette espèce.

Sinon, transformer mes plants ou pré-bonsaï en véritables bonsaï et il y a du travail !

- Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? Pourquoi ?

Non, par manque de temps essentiellement mais aussi par un certain esprit d’indépendance. Il y a un club dans une ville voisine de la mienne mais ni leurs horaires, ni leurs méthodes de culture ne me conviennent (utilisation de substrats terreux, rempotages à n’importe quelle période, etc …).

J’ai beaucoup appris lors des ateliers à Biot, organisés par Cramassouri, grâce aux enseignements de Patag13, de Seb66 et de Law. On en est déjà à 4 ateliers en 7 mois, c’est comme un club pour moi.

- Q : Combien de temps par semaine consacres-tu à ta passion ?

Je préfère ne pas compter … pfffff …beaucoup mine de rien.

- Q : Combien de temps par semaine passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?

Alors là, c’est encore pire !

- Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?

J’ai déjà acheté des outils, du substrat, des livres mais jamais de bonsaï ou pré-bonsaï. Le seul végétal acheté par correspondance est un érable de chez Maillot mais il est destiné à rester en pot profond pour l’ornement de mon tsuboniwa, pas pour en faire un bonsaï.

- Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?

Du temps et du fric ! Ou des ouvriers clandestins, éventuellement, pour l’entretien.

- Q : Que serais-tu prêt à faire pour ta passion ?

À part le meurtre et la prostitution ? Je ne sais pas trop…

- Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?

Bon, maintenant que j’ai répondu à toutes les questions, qui va corriger ma copie ? Qu’est-ce que j’ai gagné ? Quand est-ce qu’on mange ?







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