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Entretien avec Law

L’homme

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Entretien de février 2008


Laurent Darrieux, plus connu sous le pseudo de Law, nous enchante régulièrement par ses dessins au travers desquels il nous fait partager sa vision de certains des arbres postés par des membres du forum.

Quelques uns de ses dessins :


- Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?

Par mon père qui s’y intéressait par le biais de quelques lignes qui paraissaient dans des catalogues de jardinage. Pas très riches en informations à l’époque.

- Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? c’était quand ? c’était quoi ? tu l’as encore ?

Je m’en souviens très bien, c’était un carmona qui a survécu trois semaines avant de fleurir le caniveau de ses branches sèches. Incompréhension, déception et donc quête du savoir. C’est là que tout a commencé.

- Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?

Les tout premiers conseils, c’était de petits apartés dans des livres de jardinage, puis ceux de Rémi Samson, beaucoup de contre vérités, c’étaient les prémices du bonsaï en France. Il m’a fallu désapprendre par la suite.

Mon premier véritable cours de bonsaï, c’était aux floralies à Bordeaux, en 1995 je crois, là j’ai rencontré les établissements Barber, Jean François plus particulièrement, c’est la première fois que je voyais de véritables bonsaï. Des années de pot, moshikomi, (patine), différentes essences, rien à voir avec les trucs de jardinerie sur lesquels j’avais fantasmé jusque là. Personne n’a idée de la collection de cet homme.

Je suis rentré chez moi, j’ai mis tous mes bouts de bois en terre et j’ai fait le tour des pépinières afin de commencer à expérimenter vraiment une nouvelle approche.

- Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?

L’orme, incontestablement. Je voudrais qu’il retrouve ses lettres de noblesse qu’il a perdu du fait de sa surexploitation commerciale.

Ulmus parvifolia, ulmus sempervirens et zelcova nire sont mes variétés favorites mais le chinensis, formosanum et notre campestris ne sont pas mal non plus.

- Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?

A part Mr DORA Hervé ?

Plein : Sudo, Kimura, Kato, Cheng Cheng Kung, Lo Min Shuan, Invernisi… et bien d’autres.

- Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?

J’ai compris avec le temps qu’on ne peut faire des pièces d’un niveau très élevé qu’en petite quantité (s’entend en France, avec le marché actuel, sans un staff d’une dizaine de personnes pour désaiguiller, pincer, désherber, nettoyer les bois… comme il en existe chez les maîtres japonais).

Ma collection personnelle ne compte qu’une dizaine d’arbres mais que je veux mener à terme.

Au départ on veut toutes les variétés et puis on se rend compte que c’est impossible, c’est pour cette raison que les japonais se spécialisent (Acer, stasuki, junipérus...). Aujourd’hui ma recherche est purement esthétique, l’essence importe peu, pourvu qu’elle soit en capacité de répondre aux exigences de la forme que je me suis fixée comme objectif.

Sinon, professionnellement des centaines en préparation.

- Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?

T’as de l’argent sur toi ?

- Q : Des photos sur plusieurs années de certains d’entre eux ?

Exigeante en plus !

- Q : ça t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?

A part les femmes et l’argent ? Nan j’rigole !

Ca m’oblige à être là au quotidien, à attendre la saison prochaine pour voir l’évolution de mes arbres et puis l’abnégation, ça, c’est certain.

- Q : Que préfères-tu et que détestes tu dans le bonsaï ?

Ce que je déteste dans le bonsaï en soi, rien, c’est plutôt comme dans la religion, ce que je n’aime pas c’est ce que les hommes en font.

Ce que je préfère c’est la constatation, qui ne cesse de m’étonner chaque saison, de la puissance végétale. Observer que d’une simple graine ou d’une bouture on arrive à un arbre séculaire.

« L’ombre de la branche commence par une graine. »

C’est ce qui m’émeut le plus.

- Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?

J’aime tout : kusamono, kakemono, poterie, daï, suiseki… mais je ne pratique pas.

Je pense que pour maîtriser, un tant soit peu, un art, quel qu’il soit, il ne faut pas s’éparpiller, sinon on ne fait qu’en effleurer l’essence, sans jamais en concevoir le sens véritable.

- Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?

Surprendre les Japonais, les taïwanais (qui ne sont pas en reste), le monde du bonsaï en général avec une nouvelle forme de Bonsaï plus contemporaine. Le style Burton va dans ce sens.

Et surtout promouvoir cette activité chez les jeunes, leur montrer qu’au final, le bonsaï, c’est facile. Quoi qu’on en dise. C’est nous qui le rendons compliqué à force de réfléchir ce qui devrait n’être que ressenti.

En bref, tenter de restituer les émotions perdues.

- Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? Pourquoi ?

J’ai animé un club pendant huit ans, l’OPEA (Orchidées et Plantes Exotiques d’Aquitaine) mais je ne ressentais plus d’émulation alors quand on ne prend plus de plaisir on passe la main.

Aujourd’hui c’est Vev qui s’en occupe.

-  Q : Combien de temps par semaine consacres-tu à ta passion ?

Physiquement parlant 40 heures, spirituellement 40 de mieux.

- Q : Combien de temps par semaine passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?

Fut un temps où j’y passais beaucoup de temps. A présent moins d’une heure par semaine.

- Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?

Des pots et des magazines au Japon. Dans l’urgence du matériel chez des professionnels Français.

- Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?

Du temps et des moyens.

- Q : Que serais-tu prêt à faire pour ta passion ?

Tout ou presque.

- Q : si tu avais un souhait, ou une proposition pour le développement du bonsaï en France, qu’est-ce que ce serait ?

Une exposition centralisée (Paris, Orléans, Tours…), lieu fixe et date fixe chaque année en hiver, disons fin janvier début février. ( La meilleure saison pour admirer un bonsaï toutes espèces confondues, l’arbre est au repos, à l’exception des prunus, et révèle alors toute la puissance de sa force tranquille, même dans le sommeil).

Afin qu’on puisse enfin envisager les choses sérieusement d’un point de vue international ceci afin de pouvoir partager notre passion de façon inconditionnelle.

Que ce soit par la volonté de la fédération, d’un professionnel, d’un particulier, d’un spécialiste de l’événementiel… cela n’a aucune importance, du moment que cela devient une réalité tangible.

- Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?

C’est quoi la question ?


L’équipe des rédacteurs fous

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