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Entretien avec Kanojo
La femme

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Entretien de janvier 2008
Une petite présentation :
Je hante ce site depuis ses débuts en 2002, c’est d’ailleurs pour lui que j’ai choisi le pseudo Kanojo qui signifie elle et qui depuis est devenu presque un 2ème prénom. J’en avais un peu marre qu’on me prenne pour un homme parce que je m’intéressais aux bonsaï et aux suiseki !
J’habite dans le Pas-de-Calais, en bordure du bassin minier… région chaleureuse mais un peu "chaotique".
Petite, je rêvais d’être horticultrice et je suis devenue prof !
Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?
Mes parents étaient abonnés à la revue "mon jardin ma maison", j’ai été "scotchée" par un article sur Remy Samson… faire vivre un arbre dans un pot… cela m’a semblé un défi absolument exaltant.
Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? c’était quand ? c’était quoi ? tu l’as encore ?
Ce sont deux marrons que j’ai ramassés en 1985 dans la cour de mon lycée et que j’ai plantés et cultivés pendant 15 ans. Depuis l’année dernière, ils sont passés en pleine terre... je commence à avoir trop d’arbres et je me rends compte que ce n’est pas une espèce idéale pour créer un bonsaï harmonieux. (Ne souris pas Penjing !)
Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?
J’achetais les livres de Remy Samson et j’étais abonnée d’abord à l’Univers du Bonsaï puis à Bonsaï Création. J’ai perdu 15 ans à cultiver des arbres dans des petits pots remplis de terre de jardin !
Puis un jour, en septembre 2000, j’ai visité l’exposition de l’Arbre dans la Main à Villeneuve d’Ascq et j’ai adhéré à ce club. Là j’ai eu la chance de suivre des ateliers avec Thierry Quinchon pour commencer, puis Franscico Ferreira, François Jeker, et Thierry Font.
Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?
Ce sont les pins, je peux difficilement expliquer pourquoi, peut être à cause du contraste entre l’écorce grise et le feuillage, peut être à cause de leur parfum, de leur caractère sauvage ou parce qu’ils évoquent les vacances et le dépaysement. Ce sont des arbres exotiques dans le Nord !
Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?
Tous les bonsaika m’inspirent ! J’emmagasine un tas de photos de bonsaï qui me plaisent aussi bien de maîtres européens, que japonais, qu’américains ou de bonsaika moins célèbres. Elles me servent de référence lorsque je travaille mes propres arbres.
Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?
Ma collection a longtemps stagné sur une dizaine d’arbres jusqu’à ce que je rejoigne le club et que je commence à travailler plus sérieusement. Malheureusement je suis obligée de me limiter à une quarantaine d’arbres pour la paix des ménages et pour pouvoir encore partir en vacances.
Donc certains repartent en pleine terre, je limite mes achats et heureusement, je n’habite pas dans une région très propice aux prélèvements.
Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?
Mon premier marronnier :

Un autre de mes tous premiers arbres, un cotoneaster, qui depuis est parti faire une cure de grossissement en pleine terre :

Un chêne et un suiseki lors de la dernière expo de mon club :

Un pin mugho et un cotoneaster dammeri, l’orme de droite est un cadeau de Law :

Q : Des photos sur plusieurs années de certains d’entre eux ?
Pin mugho 1988

1997

2001

2003

2005

2007

chêne à l’achat :

avant la 1ère mise en forme :

Q : ça t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?
L’équilibre entre une vie quotidienne trépidante et un métier improductif.
Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?
Les bonsaï m’ont donné envie de découvrir la culture japonaise, je me suis donc intéressée à l’ikebana puis aux suiseki qui sont souvent associés aux bonsaï dans les revues ; ensuite je me suis penchée sur l’histoire japonaise, ce qui m’a donné envie de pratiquer le kendo.
La seule chose qui ne m’attire pas, c’est la cuisine japonaise ;-)
Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?
J’ai beaucoup d’arbres qui n’en sont qu’au tout début de leur vie de bonsaï et qui ont encore besoin d’être beaucoup travaillés.
Par exemple ce groupe de pins sylvestres :

ou cette aubépine :

Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? Pourquoi ?
Je fais partie d’un club génial : l’Arbre dans la Main de Villeneuve d’Ascq. Plus qu’un club c’est une bande d’amis qui partagent la même passion. Cela nous pousse à faire des sorties ensemble, des expositions, des ateliers et pourquoi pas un voyage au Japon !
C’est vraiment très motivant de travailler ensemble, de pouvoir partager des expériences et le savoir-faire.
Q : Combien de temps par semaine consacres-tu à ta passion ?
C’est difficile de chiffrer et c’est très variable selon les saisons mais je consacre au minimum 1/2 heure chaque jour à mes arbres directement pour les soins ou les travaux et indirectement pour la gestion des photos et du fichier de suivi.
Q : Combien de temps par semaine passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?
Beaucoup trop ! Plusieurs passages de quelques minutes sur PB, des recherches de livres, de tablettes, de suiseki et autres … sur ebay, des messages entre membres du club, la maintenance du site de l’Arbre dans la Main et du mien… Je n’ai presque plus de temps pour chercher de la documentation.
Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?
Uniquement du matériel mais jamais d’arbre car c’est un choix vraiment trop délicat. Une photo ne peut pas donner une image complète d’un objet en trois dimensions.
Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?
Du temps !
Q : si tu avais un souhait, ou une proposition pour le développement du bonsaï en France, qu’est-ce que ce serait ?
Que cessent les luttes pour le pouvoir entre les différents courants du bonsaï européen et que le bonsaï ne devienne surtout pas un loisir élitiste. On assiste en ce moment à l’éclosion de beaucoup d’écoles privées, si elles permettent une large diffusion des connaissances en France … tant mieux ! mais si elles ne servent qu’à créer une aristocratie du bonsaï … c’est dommage !
Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?
Je souhaite une excellente année 2008 à tous les bonsaika : des arbres magnifiques, des expos intéressantes, des ateliers enrichissants…
L’équipe des rédacteurs fous
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