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Entretien avec Fredy FILIOT
L’homme : photo prise lors de la dernière session de l’école avec Me Suzuki à l’automne 2007.

Fredy Filiot est quelqu’un qui a un certain humour (pour ne pas dire un humour certain).
Quand on lui a demandé de se présenter un peu en introduction à ce questionnaire, voici la réponse faite :
Décidément tu veux tout et tu veux rien payer......
Et me concernant, que veux-tu que je te dise.... Je ne suis pas assez connu ???? Déception....
Alors en quelques mots et si tu veux en rajouter.... :
J’ai bientôt 60 ans (en janvier prochain) et je vais donc enfin découvrir la vraie vie sans contrainte (enfin c’est ce qu’on dit)....
Mon engagement au sein de la FFB a débuté en 2001, dans le CA pendant 6 années pour commencer, et se poursuit maintenant auprés des clubs qui font et feront appel à mes services.
J’aime ma femme, le bonsaï, un peu les suiseki, mais surtout le bonsaï et ma femme.... Les voyages aussi avec ma femme et les bonsaï.....
J’aime découvrir et partager, découvrir avec ma femme et partager autour du bonsaï.
Comme vous voyez, ma femme a presque autant d’importance que le bonsaï.....
Q : Le bonsaï, tu es tombé dedans comment ?
En achetant une collection d’invendus sur un marché il y a 20 ans environ, j’ai trouvé un exemplaire d’une des toutes premières revues françaises. Il y avait un article japonais sur le travail d’une ‘’Satsuki’’ remise en pleine terre pendant la dernière guerre à cause, si je me souviens bien, des pénuries d’eau et qui avait été re-prélevée. C’était toute l’histoire et l’évolution du travail de cet arbre. Je ne parviens d’ailleurs pas à remettre la main sur cet exemplaire. Si quelqu’un m’entend…..
Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? C’était quand ? C’était quoi ? Tu l’as encore ?
Mon premier bonsaï, un orme du Japon en forme balai il y a 15 ans environ. Un mame. Pour quelqu’un qui n’y connaissait rien, le meilleur choix….. Il a tenu un mois. Je l’ai achevé en le mettant en plein soleil sur une pierre. Le soir il était sec.
Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvés où ?
Les premiers vrais conseils je les ai trouvés dans le club de Rouen. J’ai adhéré à ce club après un enchaînement de circonstances. En résumé, découverte de ‘’France Bonsaï’’ dans un kiosque, abonnement à France Bonsaï, visite chez un des annonceurs, Bonsaï Ardéchois, dès les premiers congés qui suivent, qui me conseille de prendre contact avec le président du club de Rouen, Patrick Dujardin, ancien président de la FFB.
Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?
Ma région d’origine, le Pas de Calais, et ma région d’adoption, la Normandie, m’ont, tout naturellement, amené à m’intéresser aux feuillus. Un questionnement de Me Suzuki, qui me demandait si je voulais me spécialiser dans les feuillus puisque je n’amenais que des feuillus à travailler, m’a conduit à m’intéresser aux conifères. Mais j’avoue une préférence pour les premiers cités, pour les satsuki en particulier et pour les arbres de petite taille.
Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?
J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs grands bonsaïka très connus, d’autres moins ainsi que de grands ou petits professionnels lors de voyages au Japon et en Chine. J’ai côtoyé également de grands noms européens. Ce serait injuste de n’en citer qu’un. Tous m’ont apporté et ont encore beaucoup à m’apporter car je suis encore en période d’apprentissage (mais ne sommes nous pas en apprentissage toute notre vie…).
Dans quelques années, 10-20 ans, peut-être trouverai-je que l’un ou l’autre m’a plus inspiré. On en reparlera alors. Bien entendu les enseignants de l’Ecole de l’Art du Bonsaï, Me Hidéo Suzuki et Me Andô laisseront leur empreinte. On ne peut suivre l’enseignement de telles personnes sans qu’ils ne laissent quelques traces dans notre futur.
Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?
Elle s’est agrandie et elle se stabilise. Certains arbres partent, d’autres arrivent. Les nouveaux venus sont maintenant le plus souvent des yamadori acquis chez un pro, A. BLERVAQUE car la région n’est pas très riche en arbre de caractère. Ca n’exclut pas quelques pré bonsaï importés du Japon et, beaucoup plus rarement, un arbre plus mature quand l’occasion se présente, lors d’un voyage.
Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?
Un petit yamadori de buis (13 cms) avant travail :

Et après travail :

Un petit yamadori de junipérus sabina avant les travaux :


Et après pose de la ligature et mise en forme :

Un petit orme de chine de ’’supermarché’’ aprés 6 ans de travail (un peu échevelé mais il sera mieux au congrès) dans un pot de Jacques Marty. Hauteur environ 18-19 cms

(photos prises par Fabien FERRER)
Q : Ca t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?
Beaucoup de plaisir d’abord, le plaisir de regarder les arbres, le plaisir de partager avec d’autres cette passion. La possibilité aussi de retrouver une certaine sérénité après une journée de travail difficile (mais ça, ça va se terminer bientôt).
Q : Que préfères-tu et que détestes tu dans le bonsaï ?
Je l’ai déjà dit précédemment, le grand plaisir de partager cette passion avec d’autres, d’échanger, mais aussi, et ça peut paraître contradictoire, le plaisir de se retrouver seul devant un arbre et d’être comme retiré du monde.
Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?
Je m’intéresse aux suiseki. J’ai une modeste collection de ‘’cailloux’’. J’ai aussi une ‘’petite’’ passion pour les koï et quelques unes nagent dans le petit bassin auprès duquel mon épouse et moi aimons faire un ‘’break’’. C’est tout. Mais le bonsaï prend déjà tellement de temps.
Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?
La retraite s’approchant à grands pas, je vais avoir plus de temps libre, donc plus de temps à consacrer à mes arbres et plus de disponibilités au service du bonsaï au travers de la FFB. J’espère donc plus de rencontres avec plus d’arbres et plus d’amateurs.
J’apprécie aussi, tout particulièrement, l’initiative de notre ami Michel, un de nos N2 belges. Pourquoi pas, si l’occasion se présente, décliner cette initiative en Normandie. Mais c’est une autre histoire.
Q : Fais-tu partie d’un club ? oui ? non ? pourquoi ?
Oui, comme je l’ai dit plus haut. Il s’agit de l’Arbre en Pot de Rouen. Pourquoi ? Je pense que c’est le meilleur moyen de progresser. On profite des réussites et des erreurs, des idées de chacun. On partage. On s’entraide. On mène à bien des projets, ensemble.
Q : Combien de temps par semaine consacres-tu à ta passion ?
C’est très variable. Avec l’arrosage, ça se situe dans une fourchette de 2 heures (en période humide….) à 7/8 heures.
Q : Combien de temps par semaine passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?
La aussi, c’est très variable. Il y a les visites régulières sur PB (1/2 heure par jour en moyenne), même si je n’interviens plus et des heures parfois à la recherche d’une poterie, d’une tablette.
Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?
Oui, poteries (Chine, Japon, GB), tablettes (Japon), Pré bonsaï (Japon).
Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?
Le temps mais il vient, les capacités, les compétences et ça ….. peut-être avec le temps mais les jours sont comptés….
Q : Que serais-tu prêt à faire pour ta passion ?
Je crois avoir déjà beaucoup fait pour elle mais elle a tellement fait pour moi. Elle m’a fait connaître deux grands pays que sont la Chine et le Japon. Elle m’a fait rencontrer tant et tant de personnes toutes très diverses et enrichissantes. Et puis, il faut penser à l’autre qui ne partage pas toujours la même passion.
Q : Quelque chose à ajouter ? Commentaire ? Remarque ?
Juste une phrase de Me Andô : Travaillez vos arbres encore et encore. Améliorez les sans cesse. Plus ils seront intéressants et plus vous serez certains de leur procurer un avenir lorsque vous ne serez plus là.
Tous nos remerciements à Fredy qui a accepté de répondre à ce questionnaire.
L’équipe des rédacteurs fous
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