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Entretien avec Diex
L’homme (qui a remporté le concours du nouveau talent français 2007)

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Interview de juillet 2007
- Q : Le bonsaï t’es tombé dedans comment ?
En 1988, j’ai acheté un peu par hasard un « kit pour bonsaï » composé d’un sachet de graines de différentes espèces (pins, pommiers, érables...) qu’il fallait placer au réfrigérateur pendant quelques semaines avant de les semer dans un pot contenant une pastille de tourbe. Les graines ont bien germé mais tout à périclité dans les jours qui ont suivi.
En automne de cette même année, j’ai prélevé une trentaine de jeunes plants en forêt (hêtres, pins, charmes, érables...) Ma passion était née et ne m’a plus jamais quitté.
- Q : Ton premier bonsaï, tu t’en souviens ? c’était quand ? c’était quoi ? tu l’as encore ?
L’année suivante, j’ai visité la pépinière de Remy Samson où j’avoue avoir été subjugué par tant de beauté ; Ce jour là j’ai acquis mes 2 premiers bonsaï (un érable palmé et un genévrier de Chine ), je les possède toujours, c’est avec eux que j’ai fait mes premières expériences de technique de culture (marcottes, boutures, ligature, taille... etc.) .
Mon premier bonsaï , un érable palmé (encore en cours de culture) :

- Q : Tes premiers conseils sur la culture des bonsaï, tu les as trouvé où ?
J’ai trouvé mes premiers conseils dans les quelques ouvrages de l’époque et dans la revue « l’univers du bonsaï ». A vrai dire je suis resté bien seul à tenter de « faire du bonsaï » ; Mes arbres évoluaient très lentement (voir végétaient !), je faisais énormément d’erreurs de culture. Ce n’est qu’en 2000 qu’un club s’est créé près de chez moi. J’ai fait ainsi la connaissance de Alain Legat (plus connu sous le pseudo de « litérati » sur PB). Il était déjà N2 et m’a enseigné tout ce qu’il savait. C’est vraiment à ce moment là que j’ai commencé à faire de réels progrès ; J’ai acquis le Niveau 1 en 2002, et le Niveau 2 en 2006.
Une partie de ma collection :

- Q : Quel est ton arbre préféré ou ton essence préférée ?
J’affectionne particulièrement les espèces autochtones notamment les feuillus (ma collection en est essentiellement composée) ; Je possède également quelques conifères (mélèzes, pins, genévriers de Chine. Je ne cultive pas de bonsaï dit « d’intérieur ».
Un de mes arbres préféré est un orme champêtre d’une vingtaine de centimètres que j’ai créé en ne conservant qu’une partie du tronc de départ.
Orme champêtre shohin :

Un autre que j’affectionne tout particulièrement est un petit érable palmé issu d’une graine planté en 1989 et cultivé suivant la technique du « clip and grow », il est encore en culture (la cime est encore à faire et n’a pas son pot définitif).
Acer palmatum de semis :

- Q : Y a-t-il un bonsaïka connu qui t’inspire ?
De nombreux artistes Européens et Japonais m’inspirent par leurs travaux sur leurs arbres notamment ceux que l’on peut voir dans de grandes expos (Ginkgo award, Noelanders trophy) ou encore ceux des livres ou catalogues (kokufu par exemple).
- Q : Ta collection, elle s’est agrandie ou s’agrandit comment ?
Ma collection s’agrandit par de nouveaux prélèvements, mais également par la multiplication de plants par bouturage, marcottage et semis.
Hormis quelques plants de pépinière à former, je n’achète pas de plant bonsaï (à part mes deux premiers arbres, je n’ai acheté qu’un genévrier de Chine « itoïgawa » au congrès de Villeneuve D’Ascq en 2006).
Je trouve en effet qu’il est beaucoup plus gratifiant de créer son propre bonsaï avec les techniques de culture citées précédemment.
- Q : As-tu des photos de tes arbres à nous montrer ?
Oui des centaines ! (lol). J’ai toujours fait beaucoup de photos de mes arbres, d’ailleurs chaque arbre de ma collection possède son propre album de photos datées précisément. J’éprouve un réel plaisir à les visionner et voir ainsi leur évolution dans le temps.
Quelques photos :
Bosquet de charmes :

Orme champêtre balai :

Erable champêtre :

Un autre charme :

Genévrier commun :

- Q : Ca t’apporte quoi dans la vie de tous les jours ?
Du bonheur bien sûr ! Mais aussi un moyen de me déconnecter de ma vie professionnelle et de retrouver calme et sérénité. Le soir en quittant le travail j’aime me rendre au jardin en compagnie de mes arbres.
J’apprécie également le contact avec les personnes qui partagent la même passion.
- Q : Que préfères-tu et que détestes-tu dans le bonsaï ?
J’aime beaucoup faire des mises en forme par la taille et la ligature. Partir d’un plant brut (yamadori, plants de pépinière...) et d’essayer de créer quelque chose qui ressemble à un bonsaï est vraiment un exercice enrichissant. J’apprécie également la période de rempotage où on peut voir l’évolution du nébari de l’arbre, travailler son racinaire... En résumé j’aime travailler mes arbres dans la mesure où il y a toujours un petit quelque chose à faire pour l’améliorer. Je ne déteste à vrai dire pas grand chose dans le bonsaï si ce n’est de traiter un arbre malade.
- Q : Es-tu uniquement bonsaï ou arts associés aussi ?
L’art du jardin japonais me passionne beaucoup. J’ai la chance de posséder un bout de terrain qui m’a permis de réaliser un jardin japonisant ; J’y consacre beaucoup de temps, tant dans sa conception (il évolue d’année en année) que dans son entretien. Le bassin à Koï et toute la vie qui va autour est également un domaine attrayant.
Mon jardin :

- Q : Tes projets bonsaï pour le futur ?
Je possède beaucoup d’arbres en cours de culture et j’ai des projets pour chacun d’eux à plus ou moins long terme. J’aimerais beaucoup participer à une école bonsaï comme on en voit fleurir un peu partout ; Malheureusement le temps et l’argent ne me le permettent pas pour l’instant. Pour terminer, mon rêve serait bien évidemment un voyage au Japon...
Quelques arbres en cours de culture :

- Q : Fais-tu partie d’un club ?
Comme je l’ai dit je fais partie d’un club (Matsukase bonsaï club d’Epinal). On y apprend beaucoup, chacun apporte ses connaissances, partage ses propres expériences. A plusieurs, on progresse toujours mieux et plus vite.
- Q : Combien de temps consacres-tu à ta passion ?
Enormément de temps ; En fait, tout le temps libre que me laissent mon travail, ma maison et ma famille.
- Q : Combien de temps passes-tu sur le net au sujet des bonsaï ?
Ca dépend surtout de la saison, certainement plus l’hiver où il y a moins de travail à faire sur les arbres ou au jardin. Mais le soir j’aime me retrouver sur le forum ; La télévision ne m’intéresse guère.
- Q : As-tu déjà acheté par correspondance ?
Hormis quelques pots de culture, je n’achète rien en VPC, de toute façon je préfère largement voir réellement ce que j’achète (poteries ou outils par exemple).
- Q : Que te manque-t-il pour progresser dans le bonsaï ?
Une véritable école avec un maître !
Je connais beaucoup de choses sur cet art mais je suis loin, mais encore très loin, de tout savoir ; La route est longue et j’ai encore énormément de choses à apprendre, c’est bien là tout l’attrait du bonsaï !
- Q : Si tu avais un souhait, ou une proposition pour le développement du bonsaï en France, qu’est ce que ce serait ?
Je trouve que l’art du bonsaï n’est pas encore très développé en France surtout si on compare à d’autres pays Européen. De nombreux bonsaïka, désirant s’inscrire dans un club, n’en trouvent pas à proximité de chez eux et je trouve cela dommage.
Je souhaiterais voir de grandes expositions se créer partout en France (comme celle d’Aquabiobonsaï qui a eu lieu ce printemps, co-organisé par Parlons Bonsaï qui a d’autres projets de manifestations en cours). Cela semble s’amorcer tout de même grâce à des clubs dynamiques comme l’ASCAP (club de Sochaux) ou le bonsaï club de Lorraine (Metz) qui en organiseront très prochainement. D’autres organisent des stages-bonsaï sur un ou plusieurs jours, comme par exemple ceux lancés par des membres de la team rédac, ces ateliers étant vraiment enrichissants pour tous les participants.
Ces diverses manifestations ne peuvent qu’être bénéfiques pour le développement du bonsaï en France et j’espère que, grâce à l’effort du plus grand nombre, le bonsaï connaîtra un nouvel essor dans les années à venir.
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