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Comment faire un bonsaï ?

Les bases de la construction d’un bonsaï pas à pas.

Un bonsaï se construit du bas (nebari) vers le haut, des racines aux feuilles. En effet, il est beaucoup plus difficile et plus lent de corriger par la suite des défauts d’enracinement ou un tronc peu intéressant qu’une mauvaise ramification.

Le pied ou nebari

La partie de la plante sortant du sol de quelques centimètres avant de devenir tronc est nommée pied de l’arbre ou collet, désigné en japonais par le terme nebari.

Dans la nature, les vieux sujets ont un tronc évasé qui leur donne un aspect solide bien ancré dans le sol. Ce sont souvent des sujets plus que centenaires. Nous devons réaliser la même chose en peu d’années sur nos arbres. Pour cela, nous avons plusieurs solutions afin d’obtenir le même résultat.

Sur les jeunes arbres, on supprime le plus tôt possible la racine pivot de l’arbre [1] (dessin 1). La coupe de cette racine entraine le développement des racines latérales, d’où le grossissement du nebari. On en profitera pour sélectionner les racines secondaires intéressantes, c’est-à-dire qui partent en étoile à partir du même niveau du collet, et supprimer les autres (qui se croisent, émergent plus haut ou plus bas sur le tronc, etc.), tout en veillant à maintenir un enracinement suffisant pour assurer la survie de l’arbre (cette sélection pourra s’étaler sur plusieurs années). Ces racines latérales donnent a l’arbre l’impression de stabilité.

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Dessin 1 : coupe du pivot.

Dans un deuxième temps (au plus tôt l’année suivante) les racines latérales sont raccourcies afin que les racines capillaires de l’arbre se développent (dessin 2).

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Dessin 2 : taille des racines latérales.

Afin de favoriser le développement du système racinaire, l’arbre est élevé dans un mélange très drainant avec une granulométrie importante, par exemple contenant beaucoup de sable grossier [2] (dessin 3).

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Dessin 3 : formation des racines capillaires.

Pendant tout ce temps, l’arbre doit être toujours en forte croissance. Une fertilisation importante devra donc lui être administrée (d’autant plus que le mélange est drainant, et donc que les engrais sont rapidement lessivés).

La quatrième année, l’arbre sera placé dans une coupe ou pot en disposant la partie du collet de l’arbre au-dessus du niveau du sol afin de faire apparaître les grosses racines, en supprimant les racines capillaires qui se dirigent vers le haut(dessin 4).

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Dessin 4 : Elévation du nebari lors du rempotage.

Attention : la résistance à la taille des racines dépend beaucoup de l’espèce de l’arbre.

Un érable pourra être taillé très court aussi bien au niveau des racines que du feuillage et il redémarrera sans problème (si on opère en toute fin d’hiver).

Pour un pin ou pour un chêne, il faudra procéder beaucoup plus progressivement.

Le tronc

Le tronc doit avoir l’aspect conique. Le plus souvent, quand nous achetons un arbre en pépinière, il est trop grand et doit être raccourci pour obtenir un tronc de forme conique. Pour cela, nous avons plusieurs possibilités.

Sélection d’une nouvelle cime. Une fois la hauteur de l’arbre fixée, une branche est sélectionnée pour remplacer le sommet a l’arbre (branche relais), de préférence une branche se situant sur la (future) face avant de l’arbre. Le tronc est coupé juste au-dessus de cette branche et cette dernière est redressée avec du fil de ligature pour former une nouvelle cime (dessin 5).

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Dessin 5 : Choix d’une branche relais.

La cime de l’arbre est transformée en bois mort (jin). Cette technique demande toutefois une certaine maîtrise, mieux vaut se faire assister par des amateurs confirmés et s’entraîner auparavant sur des branches d’arbre taillées car un résultat naturel n’est pas facile à obtenir.

Le sommet de l’arbre est coupé un peu plus haut que la hauteur déterminée (dessin 6a). La coupe ne doit pas être nette mais avoir l’apparence d’une cassure naturelle. Ensuite, à la hauteur de la dernière branche, la partie supérieure du tronc est écorcée. L’écorce est d’abord entaillée au cutter assez profondément sur tout le pourtour du tronc, et ensuite pressée à la pince plate. Cette pression décolle l’écorce et il reste plus qu’à l’enlever avec les doigts.

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Dessin 6 : Création d’un jin de tête.

Après quelques jours, quand le bois a séché, la partie écorcée peut être travaillée. Ensuite, il ne reste plus qu’a appliquer du produit de conservation (liquide à jin) sur cette partie écorcée de l’arbre pour la protéger. Attention ! Ce produit ne peut pas tomber sur d’autres parties de l’arbre ou sur la terre de celui-ci.

L’arbre ainsi travaillé prend de l’âge car on s’imagine qu’il a subit un coup de foudre, de vent, etc. Ce deuxième procédé est surtout réalisé sur des conifères car le bois de ces arbres est plus résistant et ne pourrit pas aussi vite que celui des feuillus. De plus, en appliquant ce produit a jin chaque année, en période chaude et ensoleillée, le bois durcira et résistera sans problème (dessin 6b).

L’écorce

Afin d’obtenir une écorce ayant un aspect plus vieux, on peut pratiquer, à l’automne ou en hiver, à l’aide de la pointe d’un cutter des incisions sur le tronc de l’arbre. Ces incisions se cicatriseront et, au printemps, la montée de sève dans l’arbre donnera un aspect plus vieux à l’arbre.

Les branches

Quand on observe dans la nature un arbre âgé, on constate que les branches du bas de l’arbre tendent à pencher vers le sol, les branches intermédiaires sont à peu près horizontales et les branches de la cime remontent légèrement vers la lumière. Les branches sont également de plus en plus longues et ramifiées depuis la cime de l’arbre jusqu’aux branches les plus basses (des plus jeunes aux plus âgées).

Chez un arbre jeune par contre, toutes les branches pointent vers le haut. Pour vieillir un jeune plant, il va donc falloir copier la structure des branches précédentes, soit par une sélection et une taille adéquate, soit par la ligature des branches existantes.

Quand à leur disposition, on considère généralement que les branches doivent être situées à l’extérieur des courbes du tronc si elles existent. Verticalement, la première branche des styles "simples" (moyogi, shakan, chokkan) se situe aux environs du tiers de la hauteur totale, chacune des branches suivantes s’insérant à une distance plus réduite que la précédente.

Sur le plan horizontal, les branches ne doivent pas se superposer ou s’entrecroiser. La disposition des branches doit suivre le mouvement comme les marches d’un escalier tournant (dessin 7a, 7b), les deux premières branches se disposant de part et d’autre du tronc, légèrement tournée vers le spectateur. Enfin, la cime de l’arbre doit se pencher vers le spectateur pour améliorer la perspective.

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Dessin 7 : Disposition schématique des branches principales.

Cette disposition mime une sélection naturelle des branches, car elle maximise l’apport de lumière sur le feuillage. Dans la nature, une branche située immédiatement sous une autre finira par périr par manque de lumière. Le travail du bonsaïka consiste simplement à accélérer cette sélection. Elle permet en outre d’améliorer la perspective de l’arbre et sa profondeur.

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