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Techniques avancées
Avant / après - Les arbres de Bonsaiolo
Nos bonsaïs ne sont ni des tableaux de maîtres au sourire figé pour l’éternité, ni des sculptures à peine patinées par le temps.
Ils vivent.
Et comme des enfants que nous côtoyons tous les jours, nous ne les voyons ni grandir, ni vieillir. C’est alors que l’album photos que nous ouvrons en famille par un dimanche après-midi pluvieux nous révèle tout le chemin parcouru...
Je vous propose de tourner avec vous les pages de mon album de famille.
Tout d’abord l’aîné, Chamaecyparis Pisiféra Boulevard, adopté depuis 16 ans alors qu’il n’en avait qu’un ou deux, à une période préhistorique où l’appareil photo numérique n’existait pas...
A l’âge de 2 ans, il avait été accolé à un autre au niveau de sa base et les 2 troncs ont fini par fusionner.
Nous sommes ici en l’an 2000, il est âgé de 10 ans et confiné dans un pot sans avoir été travaillé en tant que bonsai ; il a poussé lentement mais naturellement.

A l’automne 2002, il est travaillé pour la première fois, de manière drastique. Le tronc de gauche est supprimé, ne conservant que son départ qui va être travaillé en jin. Seul celui de droite, présentant la ligne de tronc la plus intéressante, est conservé.

De même, une branche basse située à l’arrière est raccourcie pour être transformée en jin.
Une ligature soignée va ébaucher sa silhouette. Puis comme cet arbre est en excellente santé, il est rempoté en caisse de culture dès le printemps suivant après réduction de la hauteur du pin racinaire.
Il faut noter que ce travail était risqué et qu’il aurait mieux valu le planifier pour l’année suivante.

Un an après, en 2004, la reprise est assurée ; son feuillage s’est développé. Le nébari est dégagé pour laisser apparaître en superficie la naissance des racines et les jins sont légèrement retravaillés.

En 2005, il est rempoté, de nouveau taillé assez sévèrement et la ligature est reprise.
Un shari est créé au niveau de l’insertion de la première branche basse.

Mais la branche basse de gauche ne donne pas satisfaction à ma vision de l’arbre, je le sens plus torturé. Elle sera donc supprimée à l’automne 2006 et le shari poursuivi jusqu’en bas.

En même temps, un hauban ramène l’arbre vers la gauche et une branche arrière est fortement descendue.

Février 2007, travail de mise en forme et de ligature.


Il pleut toujours.
Les pages suivantes de l’album que nous continuons de feuilleter sont consacrées au frère à peine plus jeune, Pyracanta Coccinea, né d’une bouture d’une dizaine de centimètre en 1992.
Jusqu’en 2000, il est travaillé comme peuvent le faire les bonsaika qui manquent d’expérience, un coup de ciseau par ci, une ligature par là. L’arbre n’est pas compact.

Le bonheur consiste simplement à le voir refleurir chaque printemps

et présenter ses fruits chaque automne.


En 2002, la cime est freinée dans sa croissance et les branches basses sont haubannées.

Il est temps de le travailler sérieusement.
Nous sommes en 2003. Le tronc est
sérieusement raccourci et seules les branches charpentières sont
conservées ; il faut dire que le club auquel j’adhère depuis peu m’y a fortement contraint.

En 2004, il s’est bien développé et commence sa ramification secondaire.

Eté 2005, un changement de face s’impose pour révéler davantage la sinuosité du tronc.

La ramure commence à donner à cet arbre une allure de bonsaï. La disposition de la ramification secondaire a encore besoin d’être positionnée par la taille et la ligature si nécessaire.

Mai 2006, photo prise en condition de présentation, avec shitakusa, dans un pot de Milan Klica (tchéquie) et sur tablette réalisée en frêne par mes soins.
L’évolution de cet arbre verra sans doute un allégement des branches arrières (elles sont au nombre de deux)
Il ne pleut plus et le soleil soudain réapparu fait briller de mille éclats les gouttes d’eau sur les feuilles de mes arbres.
Junipérus Pfitzériana, le petit frère de Chamaecyparis et de Pyracantha souhaite lui aussi être présenté non sans avoir insisté sur le fait qu’il est le petit dernier par la taille mais pas par l’âge dont il ne se souvient plus. Il a du naître vers le début des années 90 dans une jardinerie et fut adopté très jeune.
Sa première photo remonte à l’année 2000 ; il est tout hirsute mais il a déjà été taillé sommairement, maladroitement, ce qui fait qu’il est construit en 2D et non pas en 3D !

En 2001, il est encore plus mal coiffé mais en parfaite santé ; le feuillage est dense.

En 2003, une nouvelle taille lui redonne un aspect plus sympa mais la 3ème dimension n’existe toujours pas. IL est temps de faire quelque chose !

Eté 2004.
Après avoir changé de pot et s’être débarrassé de ses branches superflues, enfin notre petit ose montrer son nébari et bomber le torse.
Bien nourri, arrosé juste à point, corseté, il va pousser jusqu’à ce que ces branches souples ne puissent plus porter son feuillage.
Automne 2004.
Un petit passage chez son tailleur préféré lui donne fière allure. Son pot lui semble un peu grand ; c’est décidé, en 2005, il en changera.

En 2006, accompagné de son shitakusa préféré, dressé sur sa tablette hexagonale, il pose pour le plaisir des yeux.

Il est maintenant impossible de refermer l’album sans s’intéresser un peu aux cousins moins aboutis.
Forêt d’Ormes de Chine

Pinus Nigra Gaëlle Bambino

Thuya

Orme de Chine

Pistachier

Ficus Rétusa

Voila, la nuit tombe et il est temps de dire au revoir à notre petite famille. J’espère que ce voyage vous a été agréable. Amusez vous bien, vous en avez la possibilité !
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